CAMILLE

Label : Artistes 2018

Où était donc passée Camille ?

Partie près d’Avignon, Camille voulait se baigner de lumière et s’ouvrir à d’autres champs vibratoires. Elle a besoin d’espace et de silence. En quête absolue d’une nouvelle énergie proprement solaire, Camille se ressource. Elle s’est installée juste à côté d’une chambre d’écho ancestrale. La Chartreuse Notre-Dame-du-Val-de-Bénédiction. La chanteuse est plongée dans les fluides d’une bâtisse édifiée au 12siècle : les murs parlent et font chanter Camille.

La voix devient corps. Et le corps devient son. Comme toujours chez Camille, le travail est à la fois métaphysique et mystique. C’est aussi dans ce cas précis l’histoire d’une longue gestation. Camille a mis au monde un opus qui a crié en sortant de sa matrice un oui majuscule, coiffé d’un tréma significatif. Tout est dit dans ce titre manifeste. Un sens qui permet de percevoir les sons, et d’être dans l’accord parfait de l’ouverture. Entrez dans la métaphore et tout devient limpide. Le O symbolise la matrice, le U le réceptacle et le I la rectitude. Le tréma indique par ailleurs que ce oui est bien planté. Trois lettres pour signifier un cahier des charges. C’est avec MaJiKer, percussionniste de formation et fidèle complice, que Camille a travaillé ses rythmes impairs. Clément Ducol les a ensuite interprété sur le disque. Plaisir partagé aussi de travailler en équipe. Clément Ducol et Maxime Le Guil, tandem précieux. Clément au tambour, et à l’arrangement des choeurs lyriques, Maxime ingénieur du son et mixeur de l’album. Ensemble, ils ont aussi travaillé sur les programmations.

Avec Camille tout est toujours organique. Le son comme le souffle donnent vie au mouvement. Et sans mouvement pas de chanson, dans tous les cas pas celles-ci. Il fallait aussi reconnecter avec le sens du rythme par la danse. Cet album va ainsi se connaître et se reconnaître dans l’histoire d’un patrimoine, celui des danses traditionnelles. Des danses qui mènent à la transe, des danses qui osent s’échapper de la chanson. D’un disque qu’elle avait d’abord imaginé très politique, elle a fait un disque poétique. Un opus de paix en plein tumulte. Cette sensation profonde passe par la compréhension technique de la musique.

Cherchant à l’infini la précision sur le timbre, sur sa sonorité et ses possibles échappées soprano. La confrontation des temps a produit cet album profondément contemporain mais aux racines si anciennes qu’il devient l’incarnation sonore de l’intemporalité. Une ultra modernité universelle dont la couleur dominante serait l’indigo. La septième couleur de l’arc-en-ciel. Comme le nombre de notes de la gamme musicale. Chez Camille tout est décidément musique.

Camille – Je ne mâche pas mes mots (360°)

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VENDREDI 8 JUIN – 18h

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TÉMÉ TANHOLLYDAYS

LE LIEU :

Théâtre Silvain
Chemin du Pont
13007 Marseille